Portée par des valeurs humanistes fortes, je m’engage au quotidien pour défendre celles et ceux que l’on n’entend pas toujours et pour construire un avenir plus solidaire
Le protoxyde d’azote n’est pas un jeu : il est temps d’agir
Ces dernières semaines, Roubaix a été le théâtre de nouveaux drames liés à la consommation de protoxyde d’azote. Des jeunes hospitalisés, des familles bouleversées, des soignants qui tirent la sonnette d’alarme. Et partout dans nos rues, ces dizaines de petites cartouches argentées qui jonchent le sol et disent, silencieusement, l’ampleur du fléau.
Derrière ce gaz à l’apparence inoffensive, vendu comme produit alimentaire, se cache une réalité que plus personne ne peut ignorer : paralysies, lésions neurologiques, pertes de mémoire, accidents de la route, dépendance psychologique… Le protoxyde d’azote détruit des vies, met en danger notre jeunesse et fragilise nos quartiers. Il ne peut plus être considéré comme un simple produit de consommation : il doit désormais être classé parmi les stupéfiants.
Je le dis avec gravité : nous avons trop tardé. Les pouvoirs publics ont tenté de réguler sa vente, de limiter son accès, mais la banalisation s’est installée. On trouve encore ces capsules partout, dans les commerces de proximité, sur Internet, dans les festivals. Pendant ce temps, les hôpitaux voient arriver de plus en plus de jeunes victimes d’effets irréversibles. Cette situation n’est plus tenable. Elle exige une réponse forte, politique, nationale.
Agir, c’est bien sûr encadrer plus strictement l’accès à ces produits, sanctionner leur revente illégale, mais aussi et surtout faire un vrai travail de prévention. Parce qu’interdire ne suffit pas ; encore faut-il comprendre pourquoi certains jeunes y ont recours. Il nous faut un discours de vérité, dans les collèges, les lycées, les quartiers : parler des dangers sans culpabiliser, écouter avant d’interdire, soutenir avant de punir.
Mais cette lutte doit aussi rappeler une autre urgence : celle du respect de notre environnement. Des milliers de cartouches vides finissent chaque semaine sur nos trottoirs, dans nos parcs, sur les parkings… C’est le symbole d’une société qui consomme sans mesure, qui jette sans regard. Combattre le protoxyde d’azote, c’est aussi lutter contre ce laisser-faire collectif qui abîme nos villes et leur image.
À Roubaix, nous connaissons la force du lien, la solidarité, la capacité à réagir ensembles devant les dérives qui menacent nos enfants. C’est pourquoi je plaide avec détermination pour un changement législatif clair : le protoxyde d’azote doit être reconnu comme un stupéfiant.
Il en va de la santé publique, de la sécurité de nos jeunes.
Agir, c’est protéger. Et protéger, c’est notre devoir le plus essentiel.
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