L’engagement au service de l’humain

Portée par des valeurs humanistes fortes, je m’engage au quotidien pour défendre celles et ceux que l’on n’entend pas toujours et pour construire un avenir plus solidaire

La gauche républicaine existe à Roubaix : celle qui n’a pas renoncé à ses valeurs et qui est fière de ce qu’elle porte et défend. Une gauche qui s’est toujours opposée à la France insoumise. Une gauche qui refuse le communautarisme, fidèle à ses idéaux, attachée à ses convictions et qui regrette la venue de Jean-Luc Mélenchon à Roubaix, qui n’est qu’un épisode de plus dans la grande agitation politique du moment. 

Partout en France, les candidats de la France insoumise font venir de «grandes figures» dès qu’une campagne s’ouvre. Ce ballet d’images et de discours n’apporte rien aux habitants que nous voulons servir. Roubaix, comme toutes les villes de France, n’a pas besoin d’être instrumentalisée pour nourrir des ambitions nationales.

 

Depuis le premier jour, j’ai fait le choix de me tenir fermement à distance de LaFrance insoumise, malgré les errances de certains, prêts à quelques arrangements partisans au prix de leurs valeurs et de leurs convictions. 

 

Non par goût du clivage, mais par conviction que cette formation n’apporte aucune réponse à la fracture démocratique, sociale et culturelle qui déchire notre pays. La colère peut être légitime — mais lorsqu’elle devient un système, lorsqu’elle se nourrit d’elle‑même, elle n’ouvre plus aucun horizon. Elle enferme et empêche toute émancipation du citoyen. 

 

Si la gauche a failli, elle doit se reconstruire sur d’autres bases : au-delà des appareils, des étiquettes et des querelles de chapelle. Celles et ceux qui prévoient une primaire pour les élections présidentielles n’ont pas compris que le rassemblement ne se fera pas en se refermant sur soi.

 

Le constat est amer : la gauche s’est perdue dans ses appareils, ses luttes internes, la défense de ses structures plutôt que de ses idéaux. Roubaix illustre cet échec structurel, qui a offert à la france insoumise et à son candidat une résonance particulière au coeur de notre territoire. 

 

Reconstruire la gauche, c’est la réinventer hors des cadres partisans : à partir du terrain, de la vie, de celles et ceux qui font la cité chaque jour. Elle doit redevenir une promesse, une main tendue à celles et ceux dont le quotidien est éprouvant.

 

La france insoumise prospère sur les renoncements des partis de gauche traditionnels, sur leur absence de réflexion et de volonté politique — dans nos communes comme au niveau national. Mais elle prospère aussi sur la dérive d’une partie de la droite, y compris « républicaine », quand elle cède aux surenchères identitaires, sécuritaires ou antisociales. Tant que ces dérives ne seront pas nommées et combattues, le champ républicain continuera de se rétrécir.

 

Les élections municipales doivent être le point de départ d’une nouvelle gauche : une gauche diverse dans les parcours et convictions, mais unie autour d’un contrat de société qui rassemble plutôt qu’il n’oppose. Le monde a changé. La société vit dans une angoisse permanente, avec un ordre mondial en perpétuel mouvement.

 

Un changement culturel profond traverse la politique. Le clivage gauche-droite s’est estompé : la gauche brouillée par ses extrêmes, une partie de la droite tentée par les thèmes de l’extrême droite. À toutes celles et ceux du champ républicain de négocier, composer et travailler ensemble, sans complaisance ni anathèmes.

 

Cessons bruit et fureur. Les solutions durables naissent de la construction collective, non de la confrontation stérile. Le vivre-ensemble est la condition de la République, le chemin patient pour retrouver confiance. C’est le terreau où la gauche, la vraie, renaît : dans la proximité, l’écoute, la fidélité à l’humain.

 

Cette renaissance est possible : Lueurs Républicaines la porte au quotidien — non en criant plus fort, mais en travaillant ensemble, pas à pas, dans la clarté et le courage du lien retrouvé.

 

Sarah Haddi, Vice-Présidente de Lueurs Républicaines et militante de gauche engagée à Roubaix