L’engagement au service de l’humain

Portée par des valeurs humanistes fortes, je m’engage au quotidien pour défendre celles et ceux que l’on n’entend pas toujours et pour construire un avenir plus solidaire

Battre le Rassemblement National, une urgence démocratique !

Les dernières élections municipales ont confirmé une dynamique que plus personne ne peut se permettre de minimiser : le Rassemblement national progresse, s’installe, et surtout, s’enracine durablement dans nos communes. Les résultats dans le Pas-de-Calais font froid dans le dos, et le score du candidat RN à Marseille est tout aussi inquiétant.

Pendant trop longtemps, nous avons sous-estimé cette ascension. Nous avons cherché à l’expliquer par de simples protestations ponctuelles. Aujourd’hui, cette étape est dépassée : nous assistons à un basculement politique local, concret, aux conséquences profondes sur la vie démocratique, culturelle et sociale de nos territoires.

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la victoire du RN dans certaines communes, mais la banalisation progressive de sa présence dans des espaces où il était, hier encore, absent. Le retour d’élus frontistes dans les conseils municipaux de grandes villes comme Lille ou Roubaix, au cœur même de la Métropole européenne de Lille, en est un symbole fort. Ce n’est pas anecdotique : c’est le signe d’une implantation qui progresse, pas à pas, dans des territoires urbains et populaires, historiquement réfractaires à l’extrême droite. Cette banalisation s’exprime également à travers les actions concrètes de groupuscules extrémistes, qui érodent notre société au fil du temps – et que nous ne parvenons pas à endiguer.

Il serait trop simple – et profondément inefficace – de réduire cette progression à une dérive irrationnelle des électeurs. Ceux qui votent RN ne sont ni caricaturaux ni uniformes. Ils traduisent souvent un désenchantement profond, une fatigue démocratique, un sentiment d’abandon – légitime – mais aussi, et c’est ce qui me rend le plus triste, une adhésion réelle à une idéologie qui désigne celui qui est différent comme responsable de tous les maux de notre société.

Sur le terrain, lors des portes-à-portes, ce que l’on entend, ce n’est pas toujours la haine de l’autre : c’est aussi la lassitude, la défiance, et la recherche de réponses simples à des problèmes complexes. Mais ces réponses, parce qu’elles désignent des boucs émissaires et simplifient l’excès de la réalité, ne rendent pas les jours meilleurs.

C’est précisément là que réside le danger : dans l’ancrage insidieux d’une idéologie qui avance masquée, qui s’installe dans les esprits avant de s’imposer dans les institutions. Le RN ne prospère pas seulement sur la colère, mais sur le vide laissé par les autres forces politiques. Et ce vide est aujourd’hui béant.

Nous en sommes toutes et tous responsables, car le spectacle politique offert depuis des années n’a rien de rassurant. Pendant que l’extrême droite structure patiemment son implantation locale, le bloc central et la gauche apparaissent fragmentés, hésitants, incapables de proposer une vision lisible et un projet commun.

À quelques mois des élections présidentielles, le risque est désormais clair : celui de se retrouver pris en étau entre une extrême droite qui gagne en crédibilité électorale et une extrême gauche qui, elle aussi, capte une part croissante de la contestation – sans toujours offrir de débouché majoritaire.

Pour autant, dans la période de confusion politique dans laquelle nous sommes depuis la dissolution, il est essentiel de rappeler qu’assimiler le RN et LFI relève d’une erreur politique majeure. Le premier représente un combat contre une idéologie dangereuse, fondé sur le rejet de l’autre et qui propose un modèle de société basé sur la préférence nationale ; le second tire profit des renoncements idéologiques de la gauche traditionnelle. Une gauche qui a failli, et dont les errements politiques et sociaux d’hier expliquent les résultats d’aujourd’hui.

Face à cela, l’urgence est avant tout politique – elle est même historique. Il ne s’agit pas seulement de s’opposer, mais de construire : construire une voix commune, un projet capable de rassembler largement en vue des prochaines échéances. Faute de quoi, la division continue de nourrir mécaniquement la progression de ceux qui prospèrent sur nos impuissances.

Mais cette réponse ne pourra pas être uniquement électorale. Elle devra être aussi culturelle, sociale et territoriale. Car ce qui se joue aujourd’hui dans nos villes, c’est la capacité à maintenir des espaces de débat, de création, d’éducation populaire – autant de lieux où se tisse du lien et où l’on résiste à la simplification du monde. Quand ces espaces reculent, ce sont les idées les plus dures qui avancent. C’est pourquoi nous poursuivrons notre travail avec Lueurs Républicaines , qui prendra pleinement sa part dans la construction d’une société du lien retrouvé.

Ne pas insulter les électeurs, donc. Mais ne rien céder sur le fond. Combattre plus fermement, plus clairement, l’idéologie portée par le Rassemblement national.

Nommer ce qu’elle produit : la division, le réplique, et, à terme, l’affaiblissement de notre démocratie locale. Convaincre les indécis, que la société proposée par l’extrême droite a pour seul fondement le racisme.

L’histoire n’est pas écrite. Mais elle s’accélère. Et si les forces démocratiques ne retrouvent pas rapidement le chemin de l’unité et du sens, alors les prochaines échéances pourraient transformer cette progression en basculement durable.